En confinement. Voilà le nouveau son de l’été. En live de ma station Je n’pourrai pas toujours rester calme, vous prêter allégeance. Rester dans ma cage, croire que dehors c’est dangereux. Vous regarder chaque jour nous encercler par l’essence, Et rester assis sans bouger quand la maison est en feu. Je n’vais pas toujours rester confiné à ma place, Être ce gentil singe qui n’est bon qu’à imiter. Vous regarder faire la guerre aux peuples les plus faibles Et me convaincre que je n’ai pas ma part de responsabilité. Moi pas toujours dire : « Oui Monsieur, vous le chef. Moi être très gentil. Vous décidez, c’est le mieux. Moi ne rien avoir envie. Moi Monsieur, pas mentir, ni chercher à grandir. Même si elles sont mauvaises, toujours rire de vos plaisanteries. Mais Monsieur, où est ma laisse ? Faut la mettre ! Tant pis ! Ne me laissez pas tout seul et surtout pas longtemps libre » Tuez-moi j’vous en prie, comme ça je ne mérite pas d’être en vie. Je devrais ne faire que ce qu’on m’a permis, je serais tranquille. Je devrais m’taire, mais Dieu merci, « moi être en vie ». On devrait peut-être dire au bon maître qu’il est gentil. On devrait peut-être, mais Dieu merci, « nous être en vie ». Refrain : Ce que vous nous proposez, ce n’est pas la vie. Ce n’en est qu’une maladie dérivée. Moi ne pas être ce brave petit toutou qui vous jurera fidélité. Ce que vous nous proposez ce n’est pas la vie, Non, vous en assassinez l’idée. Moi bien trop aimer la vie pour laisser cet avenir à mes petits héritiers. El Gaouli Voilà le nouveau son de l’été. Il n’y a qu’à regarder ma tête, j’suis tout « Covidé ». J’crache des bouts de virus dans l’antipop. En vérité, pour l’humanité j’ sais pas si c’est le poison ou l’antidote. De toutes façons, on savait bien que tout ça n’aurait qu’un temps. On regardait l’apocalypse en face, la bouche pleine. Paraît que la planète fait son nettoyage de printemps. Qu’il est l’heure que l’homme refasse enfin partie des poussières. Dans tout ça une partie d’moi angoisse, ils la font stresser. Mais mon petit doigt m’dit qu’il y a quelque chose qu’il serait bon de fêter. L’industrie du disque va peut-être trouver cette chanson pétée. Moi j’dis qu’à la fin des temps, ça peut faire un putain de son de l’été. Alors tu vois ? J’ai accepté. Mais je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir jouer les bons élèves. Pourquoi tu masques une lame ? Je croyais qu’on s’aimait. C’est peut-être la fin des temps, donc voilà le nouveau son de l’été. Je devrais ne faire que ce qu’on m’a permis, je serais tranquille. Je devrais me taire, mais Dieu merci, moi être en vie. Ce n’est qu’une bouteille en plus qu’on jette dans un océan vide. Le témoignage d’un simple ressortissant de la nouvelle Altlantide

Pulsation


Parmi les pauvres, enterrez-moi sans roses
En espérant qu'il pleuve, qu'on pleure au moins pour quelque chose
Comme toujours les plus faibles servent de proies
Rien ne m'étonne
Résignés, les autres ferment les yeux, sont borgnes
Pourquoi pour rêver, faut-il attendre que l'on dorme ?



Est-ce que toi aussi tu as cette impression étrange de frôler l’invisible ?
Que ton inexistence pour les autres est implicite ?
Est-ce que tu penses à te sauver loin d’ici ?
Parce que personne ne te comprend même dans les choses les plus simplissimes
Est-ce que tu sens le vide faire les cent pas autour de toi ?
Te dire que si tu es sensible, tu porteras une lourde croix !
Est-ce que tu sais pourtant qu’ailleurs ce ne serait pas mieux ?
Parce que où que tu sois ou ailles tes démons te rejoignent
Alors tu restes là, à compter les peut-être…
A ne devenir finalement que l’ombre de ce que tu peux être
Alors tu passes ton temps à te retenir
A partir tellement loin de toi que tu ne sais plus comment y revenir…

Hè !? Est-ce que je suis seul dans ce cas ?
Pourquoi tous ces gens me passent devant la gueule sans me voir ?
Psst ! Hè ! Ho ! Hè ! Ici, il fait très sombre !
Est-ce qu’il y a quelqu’un ? Si oui, qu’il me réponde !
Est-ce que je suis seul dans ce cas ?
Ne vous gênez pas ! Dites le moi !
Je n’aurai pas peur dans ce noir !
Non. J’ai cette aptitude à ne croiser que de pâles lueurs
Oui, j’ai l’habitude, mais dites-moi que je ne suis pas le seul
Dites-moi que je ne suis pas le seul. Psst ! Est-ce qu’il y a quelqu’un ?
Répondez-moi !

Psst ! Hè ! Est-ce que des fois tu sens que la violence te serre contre elle ?
Tu te regardes et te demandes à quoi ça sert qu’on t’aime
Est-ce que tu sais que tu n’arrêtes pas d’en décevoir ?
Mais que tu as donné tellement de toi que tu n’es plus capable de recevoir
Est-ce que tu le sens ? Cet abîme qui te sépare des autres ?
Cet épicentre émotionnel qui te déplace les côtes ?
Est-ce que tu subis ça ? Hein ?
Est-ce que tu sens ce quelque chose de plus dans ce monde pour lequel la science ne suffit pas ?
Est-ce que tu tentes de l’atteindre ? Est-ce que ça te défonce ?
De savoir dès le départ, qu’ici personne n’aura les bonnes réponses
Mais tu ne peux pas t’empêcher de perdre pied
Parce qu’au plus tu les repousses au plus ces questions reviennent te chercher
T’est-il arrivé de préméditer un meurtre ?
Et rien que d’y penser, en frissonner de plaisir…
Te sentir terrifié d’un cœur, qui te fait mal tant il se serre quand il est rongé par le désir !

Si quelqu’un m’entend qu’il me réponde tout de suite
Cette solitude me bousille, j’y croupis depuis douze piges
Un tout petit signe, rien de plus qu’un oubli
Un regard, une parole, un coup de cil, ou même un soupir !
Je ne demande pas grand-chose. Juste de savoir
Juste que cette solitude s’arrête un jour de s’accroître
En attendant je me plais à croire que l’on est tous les mêmes
Chacun ses plaies ouvertes mais on ne pense qu’à recoudre les siennes
Alors on s’isole, on se soigne du gros
Parce qu’on a peur de les rouvrir, on en parle plus trop
Alors on passe son temps à se retenir…
À partir tellement loin des autres que l’on ne sait plus comment y revenir

Non, je ne suis pas seul dans ce cas !
Alors pourquoi est-ce qu’on se passe devant la gueule sans se voir ?
Pssst ! Hè ! Ho ! Hè !? Je vous vois ! Même s’il fait très sombre
Alors pourquoi n’y a-t-il personne qui me réponde ?
Non, tu n’es pas seul dans ce cas
Parle-moi, parle-lui. Pourquoi tu gueules sans voix ? Hein ?
Tu as cette aptitude à ne croiser que de pâles lueurs
Tu en as l’habitude, oui. Mais dis-toi que tu n’es pas le seul
Dites-lui qu’il n’est pas le seul
Est-ce qu’il y a quelqu’un ? Répondez-moi !